À propos

Centrée autour de mes travaux et recherches doctorales, cette page vise à recueillir un ensemble de réflexions favorisant une élaboration politique de la marginalité et de la pénalité, au Brésil comme ailleurs.

Politique

La politique n’est pas la pratique du pouvoir ou la lutte pour sa possession. Elle est une rupture de la logique – de la possibilité même – d’une distribution de titres à commander et d’autres à être commandé. Dans une tradition de la philosophie grecque, le terme de dèmos réfère aux pauvres non pas pour désigner la partie économiquement défavorisée de la population, ni une catégorie sociale inférieure, mais plutôt cette partie qui ne possède aucun titre à gouverner (enarithmioï). Or, la politique, c’est la prise de parole par ceux-là même à qui on la refuse. Elle est délictuelle par son refus événementiel de se ranger sous les institutions qui nous gouvernent.

Système pénal

L’effort vise à aller au-delà d’une équation trop simple où « prison » et « politique » s’additionnent pour nécessairement conduire à la notion de « prisonnier politique ». L’inconvénient avec cette notion, c’est qu’elle se définit par opposition à celle de « prisonnier de droit commun ». Contrairement aux gestes du prisonnier politique, qui se font par conviction, de manière altruiste au nom d’une cause, d’une idéologie, les délits de droits communs et leur répression apparaissent comme des objets infrapolitiques. Ce sont toutefois les prisonniers de droit commun qui composent aujourd’hui la presque totalité de la population carcérale de nos régimes dits démocratiques. Contrairement aux prisonniers politiques, peu d’informations se publient sur ces derniers, sur l’incidence politique de leur répression et sur l’imaginaire pénal de nos sociétés qui maintiennent une constante surpopulation carcérale. Comme l’évoquait Michel Foucault en 1976, « élaborer politiquement la pénalité impliquerait qu’on se prive de la déconsidération qu’on fait porter sur les droits communs et qui est l’un des facteurs d’adhésion générale au système pénal ».

Benoit Décary-Secours
Doctorant à l’École d’études politiques
Université d’Ottawa
decary.benoit@gmail.com

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